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J'attendais fébrile l'adresse de ce "salon privé" sur lequel j'allais la retrouver. Quel souvenir me restait de cette fille du vent, de cette amoureuse courant d'air, de ce flirt trop vite évaporé. Pourtant, vingt ans plus tard, j'ai encore le goût de ses lèvres dans le souvenir de ses baisers. "C'est toi ?". Première phrase à l'emporte-pièce sur cet écran bleu, extra plat, extra froid ! "Et toi, c'est toi ?" C'était sa façon de me dire que c'était bien elle. Pas de Visio confidence, rien que quelques mots sur un océan de pixels. "Qu'est-ce que tu deviens ?" comme si l'on pouvait devenir et avoir été... "Je suis mariée..." Mais quel météorologue avait pu contenir sa tempête amoureuse ? "Oui, moi aussi... c'est un peu normal... ça fait plus de vingt ans ! " Et puis, comme si j'avais deviné l'intonation de sa voix, j'ajoutais : "Et tu es heureuse ?" . "Voui !" avec ce "v" qui fait toute la différence. Et toi ?" s'empressa-t-elle d'ajouter. "Voui, moi-aussi... mais qu'est-ce que j'aimerais te revoir !". Le "chat" resta silencieux un long moment... Peut-être allait-elle me planter là, ponctionnant ma bourse de mes deux précieux euros cinquante. "Tu veux mon émail ?" demanda-t-elle enfin. "Oh oui ! C'est vrai qu'on peut s'écrire, refaire connaissance..." J'aurais pu dire, se ré-apprivoiser. Elle inscrivit de ses doigts jadis si longs et si doux une adresse avant de me saluer poliment, comme si tout ceci n'était que le commencement d'une nouvelle histoire. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais ce que je sais, c'est qu'un premier amour est comme l'engrais qui fait de nous des hommes. Merci à "premierZamours.com" d'avoir servi de jardinier ! Alain B (Belfort - France) |